La foulée, geste essentiel du coureur

La vitesse de base est en principe un atout pour toutes les distances de course à pied et il n’est plus utile désormais d’en faire la démonstration.

Quand bien même nous ne sommes pas capable de courir un 1.000 m en moins de 3 minutes, ce n’est pas bien grave. En effet le travail d’une certaine vitesse de course permet également d’améliorer sa foulée. C’est ce qu’on appelle le style. Celui-ci, en s’améliorant, permet de dépenser beaucoup moins d’énergie. Mais attention, il est aussi intéressant de travailler avec des chaussures plus légères, pour retrouver les sensations du pied. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer des coureurs effectuer du « fractionné » sur un stade. On constate bien souvent un gros gaspillage d’énergie : certains martèlent les pieds au sol (bruit bien perceptible synonyme de traumatismes), d’autres ont une position assise avec une foulée trop petite, voire trop longue. 



On le comprend, l’objectif n’est pas de devenir un grand coureur de demi-fond, mais bien de progresser dans le style pour que la foulée soit plus économique sur de plus grandes distances.


Rendement de la foulée et amélioration de la cadence de course 

Afin de fractionner correctement lors des séances d’intensité, il est tout à fait possible d’introduire un autre paramètre, celui de rendement avec comme indicateur visible le nombre de répétitions par minutes (notion de cadence de course). Le rendement représente le ratio entre les changements respectifs du travail mécanique et la dépense énergétique lors d’une épreuve progressivement intense. Ce rendement est d’ailleurs supérieur en course à pied en comparaison du cyclisme. 

Le chercheur Suisse Grégoire Millet attribue cette différence essentiellement au stockage-restitution de l’énergie élastique dans la composante élastique des extenseurs des genoux ; phénomène qui existe en course à pied et non en cyclisme. Le coût énergétique de la course est donc fortement dépendant du coût à générer lors des forces s’exerçant durant la phase de soutien et donc inversement proportionnel au temps de contact. En fait, durant l’appui de course, les muscles agissant sur les articulations du genou et de la cheville sont alternativement étirés et raccourcis. 

Ce phénomène, que les physiologistes appellent le cycle étirement-raccourcissement (the strech-shortening cycle), traduit la mise en jeu du potentiel élastique des muscles et des tendons du membre inférieur. Ce processus de stockage-restitution d’énergie potentielle élastique permet d’améliorer le rendement de la course, et les différentes structures se comportent donc comme des ressorts. 

Selon Alain Piron, entraîneur émérite d’athlétisme, l’appui n’est que le maillon d’une chaîne de transmission des forces et ce qui fonde l’efficacité, c’est toute l’organisation corporelle autour de cet appui selon les moments de la course. L’alignement est important, dès la pose de l’appui pour résister aux déformations afin de ne pas amortir, mais au contraire emmagasiner de l’énergie pour mieux la restituer (mise en tension/renvoi). 

À ce point de vue, la qualité du gainage et de la synchronisation des segments libres sont des éléments déterminants. L’idée fondamentale est donc donnée par l’importance du rôle de la jambe libre comme futur appui à venir : "l’appui se prépare dans la suspension, c’est la phase clé où l’athlète se prépare à une pose active de son appui. En ce sens la fréquence des foulées (ou RPM) avec une pose rigide au sol sont des pistes intéressantes de travail et de progrès, surtout lors des séances en côtes courtes par exemple". 


L’idée étant de bien se concentrer sur ces éléments pour ressentir la réactivité élastique ainsi que la pose rigide de l’appui au sol.
Pour cela il est nécessaire de bien comprendre objectivement ce qu’est la cadence de course : 

- la cadence de course (RPM) est le nombre de fois que le pied gauche ou droit touche le sol par minute ;

- la longueur de la foulée, quant à elle, est la longueur moyenne d’un pas. Il s’agit de la distance entre le pied droit et le pied gauche lorsqu’ils touchent le sol.

On peut en extraire une vitesse en course à pied donnant l’équation :

Vc (vitesse de course) = 2 x L (longueur de foulée) x rpm (cadence)


Il y a deux donc deux manières d’améliorer sa vitesse en course à pied : 

- Augmenter la cadence ;

- Ou allonger la foulée. 

Il est bien sûr prouvé que la différence de vitesse se fait sur la capacité à avoir une grande amplitude de foulée tout en conservant une cadence élevée. Cependant, et lorsque l’on évoque le modèle d’économie de course, il nous semble primordial de privilégier la cadence afin de rechercher un gestuel rapide, solide et efficace, surtout lorsque l’on doit courir en montagne ou la cadence peut chuter fortement que ce soit en montée ou en descentes.


Limites du développement de la cadence de course :

- La cadence est bien sûr fonction du morphotype de l’athlète ; 

- elle ne progresse pas très vite et demande un apprentissage assez long ;

- Pour cela il est nécessaire d’en prendre vraiment conscience à l’entraînement afin de stimuler régulièrement les connexions neuromusculaires ;

Il est préférable de réaliser ce genre de séance sur des côtes courtes afin de ne pas entraver la qualité neuromusculaire sur des efforts beaucoup plus prolongés.



 eric